Discusión: Vendée Globe 2008-09
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Antiguo 27-11-2008, 15:02
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Hermano de la costa
 
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Predeterminado Re: Vendée Globe 2008-09

No, no son batallitas de abuelitos cebolleta, es la historia de la Vendée:

http://www.vendeeglobe.org/fr/magazi...e-tempete.html



Le 22 novembre 1992, Yves Parlier part en tête de la flotte des 14 engagés dans la seconde édition du Vendée Globe. Durement secoué par un Golfe de Gascogne en furie, son Cacolac d’Aquitaine démâte deux jours après. Le navigateur aquitain va rentrer aux Sables, changer de mât, repartir et finir… quatrième de la course. Récit


Mardi après-midi, le 24 novembre 1992, le vent de SW ne cesse de forcir. Les voiliers bataillent au louvoyage dans des conditions sauvages. Vers 16 heures, le pilote automatique du Cacolac, le premier 60 pieds du Groupe Finot construit en composite - Il a remporté l’année d’avant le BOC Challenge conduit par Christophe Auguin – tombe en rade. Pris à contre ballast rempli, le voilier se couche sur le flanc. Yves tente un empannage pour repartir au près de l’autre bord. Dans la manoeuvre la bastaque qui tient le mât est happée par l’éolienne. L’espar s’effondre. « La course est foutue », pense immédiatement Yves. Mais dans la nuit, il apprend que le fabricant de son tube en carbone fait par enroulement filamentaire, peut lui réaliser un nouveau mât pour la fin de la semaine. Yves érige un gréement de fortune avec ses deux tangons et rentre aux Sables. Dimanche 29 novembre, moins de 48 heures après le retour du Cacolac, le mât et tout son gréement transportés par camion depuis Mulhouse sont déposés au pied du voilier amarré au ponton de Port Olona.

Jeudi, 3 décembre. Après une brève sortie de réglage en mer, Yves, faisant fi d’une météo exécrable, prend le large. Jacques Archambaud, le capitaine du port des Sables se souviendra encore longtemps de ce départ. « Le bateau pourtant peu voilé a pris un tel coup de gîte dans le chenal que j’ai cru que le mât allait s’accrocher à la jetée… ».

Dimanche 6 décembre, au large de Finisterre. Yves raconte sa traversée du Golfe de Gascogne : « Dans l’après-midi de jeudi, l’anémomètre indiquait constamment entre 45 et 55 nœuds, avec des pointes à plus de 60 nœuds dans les grains ». Pas étonnant, la météo indiquait la veille sur la zone Sud Gascogne et Finisterre un avis de tempête Force 11 et une mer très grosse à énorme. « J’ai descendu la trinquette et je suis resté à sec de toile pendant 7 heures. Le lendemain j’ai renvoyé la grand-voile à trois ris et trinquette ». Malgré ces conditions épouvantables et diverses avaries (antenne de radar arrachée, trinquette endommagée) le nouveau mât subit sans dommage son premier baptême du feu. Dimanche, le vent « mollit » à 35 nœuds et après avoir tiré un bord au large pour éviter le trafic commercial, le vainqueur de la Solitaire du Figaro 1991 peut enfin choquer les écoutes en contournant la pointe de l’Espagne et « respirer » un peu. Il est dernier à 1 800 milles du premier, mais affiche une belle sérénité.

Samedi 27 mars 1993, 21 h 12’ et 24’’, Yves Parlier franchit en quatrième position la ligne d’arrivée du deuxième Vendée Globe, crédité d’un temps de 124 jours et 21 heures, déduction faite des 9 heures et 30 minutes octroyées pour s’être dérouté au secours de José Ugarte dont le bateau menaçait de couler. Usé par une remontée de l’Atlantique houleuse, coque fissurée, ballast crevé, grand-voile éclatée, étai brisé, le Cacolac achève néanmoins sa périlleuse traversée. Nullement écoeuré, l’Arcachonnais déclare tout de go son intention de revenir sur la course dans quatre ans.

Epilogue. Yves tint parole et occupa les avant-postes de l’édition 1996/97 jusqu’à devoir interrompre son périple en Australie safran cassé. Foi de marin, il revint en 2 000 et se « tira une belle bourre » avec Michel Desjoyeaux en tête de la flotte quand son nouveau destrier aux allures de thonier perdit son mât dans les mers australes. Contre mauvaise fortune, Yves réalisa un véritable exploit solitaire : celui de rejoindre un abri sûr dans une île au sud de la Nouvelle Zélande, de refaire - tout seul - un mât en raboutant deux des trois morceaux cassés et de remettre l’ensemble en place afin de terminer sa course. L’un des grands moments de l’histoire du Tour du Monde sur lequel nous reviendrons plus en détail une autre fois.

Patrice Carpentier


Ya véis quién lo firma, un abuelo cebolleta...

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