Entrevista a Pascal Cong (del gabinete Finot) en el website de la Vendée Globe:
http://www.vendeeglobe.org/fr/actual...actualite.html
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Pascal Conq : le dilemme puissance - légèreté est-il d’actualité ?
Le mercredi 10 février 2010 à 14:49
Le groupe d'architectes Finot-Conq avait trois bateaux neufs au départ du Vendée Globe 2008-2009. La deuxième place d’Armel Le Cléac’h sur Brit Air montre, en tous les cas, que le cabinet d’architecte reste une référence en ajoutant un nouveau podium aux quatre victoires consécutives des éditions précédentes. L’occasion de faire un point alors que 2012 se profile déjà dans nombre de têtes. Rencontre avec Pascal Conq :
Comment réagissez-vous aux récentes décisions de l’IMOCA sur l’évolution de la jauge des bateaux ?
Tout d’abord, en tant qu’architecte, on n’est jamais très enthousiaste dès qu’une jauge vient limiter les voies que nous souhaiterions explorer. Maintenant, on peut comprendre cette volonté de l’IMOCA de limiter la puissance des bateaux… D’un autre côté, plus la technique évolue et plus les navigateurs sont capables de maîtriser des surfaces de toile importantes. Le débat autour de puissance ou légèreté me paraît être un peu surfait : dans mon esprit, pour faire un bateau gagnant, il faut arriver à un bateau à la fois puissant et léger !
C’est une sorte de mouton à cinq pattes… le compromis idéal ?
Encore que… le bateau idéal sera celui qui sera à la fois puissant, léger… et solide. Il ne faut jamais oublier que le Vendée Globe, qui reste l’épreuve phare du circuit, c’est un tour du monde en solitaire, sans escale, sans assistance. Faire un bateau puissant et léger, c’est relativement facile. Mais qui soit aussi résistant, c’est autre chose. Dans ce sens, les règles qui régissent le Vendée Globe sont les meilleures qu’on puisse imaginer, car elles obligent tous les acteurs à prendre en compte l’ensemble des paramètres qui font qu’un bateau est à la fois performant et sûr… Le fait d’avoir défini ce cadre extrêmement simple est une des meilleures choses qui pouvait arriver à la course au large. D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas.
On a quand même l’impression qu’à chaque édition du Vendée Globe, certains architectes sont plus en vogue que d’autres ?
D’une certaine manière, c’est plutôt logique. On travaille sur des projets qui représentent plusieurs millions d’euros, on peut donc concevoir que les coureurs, comme leurs partenaires choisissent des chemins très proches. C’est aussi une manière de se rassurer et de tranquilliser son sponsor. Après, les effets de mode changent rapidement. De toutes les manières, quand on regarde attentivement, les carènes tendent à devenir très proches les unes des autres. On n’a plus des choix extrêmes comme il avait pu y avoir sur les premières éditions du Vendée Globe… Au fur et à mesures, les différences sont de plus en plus ténues.
On imagine aussi que les rapports entre l’architecte et le navigateur sont essentiels…
Construire un bateau, c’est une aventure technique, mais c’est aussi le résultat d’une construction psychologique. La notion d’aventure humaine commence dès les premiers choix : il nous faut connaître le navigateur, savoir comment il appréhende cette étape… On imagine bien qu’on ne travaillera pas de la même façon avec un Jean Le Cam ou un Michel Desjoyeaux qui sont à la fois marins et constructeurs, qu’avec un navigateur qui en est à sa première expérience en 60 pieds open.
On voit aussi que beaucoup de navigateurs utilisent les mêmes moules de coque. Est-ce une première étape vers une forme de monotypie ?
Non, parce que, comme on l’a évoqué tout à l’heure, les différences sur les carènes sont de plus en plus faibles. Ce qui va jouer, c’est l’ergonomie du bateau, les appendices (même si la nouvelle jauge va nous brider dans un domaine où beaucoup restait à explorer), le positionnement des ballasts… Et puis, n’oublions pas qu’utiliser le même moule permet de faire des économies substantielles. Enfin, on a déjà la preuve avec le PRB de Michel Desjoyeaux, passé ensuite dans les mains de Vincent Riou, qu’à partir d’un même moule de coque, on peut faire deux bateaux qui n’ont plus grand chose à voir. Certains bateaux de 2008 devraient être parfaitement dans le coup en 2012, d’autant plus que la nouvelle jauge a limité la puissance autorisée.
Dernière question : est-ce que l’on aura des plans Finot-Conq nouvelle génération sur la ligne de départ du prochain Vendée Globe ?
C’est un peu tôt pour le dire, mais nous sommes effectivement en contact avec plusieurs concurrents potentiels pour 2012. Reste qu’il leur faut avant tout finaliser les budgets et c’est un autre sport…
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