De Ouest-France.fr:
Hier matin, une opération de ballastage a remis le navire chimiquier dans ses lignes d'eau.
Marine nationale/Philippe Sola.
Le navire chimiquier accidenté au large d'Ouessant flotte à nouveau d'aplomb. Les opérations de déchargement commencent aujourd'hui au port militaire. Le produit transporté n'a rien d'anodin.
Les Abeilles n'ont pas chômé ce week-end. Les équipes techniques de la société d'assistance ont travaillé toute la nuit de samedi à dimanche pour redresser le
YM Uranus. Hier matin, une opération de ballastage a remis le navire chimiquier dans ses lignes d'eau. Un préalable au déchargement de la cargaison, qui doit débuter aujourd'hui.
Amarré au port militaire depuis samedi matin, le navire chimiquier présentait à son arrivée une forte gîte à bâbord, consécutive à sa collision avec le vraquier
Hanjin Rizhao. Extrêmement violent, le choc a causé des dégâts importants sur le chimiquier de 120 mètres de long. L'inspection de la coque par des plongeurs a permis d'observer une brèche d'environ 5 m sur 8 m, située sur le côté gauche du navire, à l'avant de la passerelle.
Produit « très inflammable »
Parti d'Anvers, un navire chimiquier, le
Stolt Teal, doit arriver ce matin à 7 h à Brest pour transborder la cargaison du
YM Uranus. Soit 6 000 tonnes de « pygas », un additif pour l'essence sans plomb, transporté dans une douzaine de réservoirs en inox. L'ensemble des installations du navire accidenté a été vérifié durant le week-end et, en particulier, les équipements de sécurité.
Les manoeuvres de transbordement de la cargaison doivent commencer dans la matinée
« pour une durée indéterminée », indique la préfecture maritime de l'Atlantique.
Le « pygas » n'est pas un produit anodin. Le capitaine de vaisseau, Jean-Bernard Cerutti, directeur du Centre d
'expertises pratiques de lutte antipollution (Ceppol), le décrit comme
« toxique mais non mortel. Très inflammable, il n'est pas explosif. »
Issu de la chimie du pétrole, le « pygas » contient jusqu
'à 50% de benzène. Ce solvant est classé comme cancérogène par l'Union européenne. Une exposition chronique comporte des risques importants pour la santé. Ainsi, la réglementation fixe à 1% la quantité maximum de benzène que peut contenir l'essence.
Périmètre de sécurité
Le déchargement du
YM Uranus sera donc une affaire de spécialistes. Le navire chimiquier aurait pu prendre la route de Saint-Nazaire, qui possède les installations adaptées pour l'accueillir. Les conditions météo, et surtout la crainte qu'elles ne se détériorent, en ont décidé autrement.
En tant qu'établissement militaire, la base navale n'est pas concernée par la directive Seveso. Mais la préfecture maritime assure que toutes les conditions de sécurité sont réunies.
« Le port militaire de la base navale de Brest est habitué à la manutention de matériaux dangereux - munitions par exemple, souligne-t-elle.
Toutes les mesures sont prises pour que cette opération se passe en toute sécurité. »
Un périmètre de sécurité d'un rayon de 500 mètres restera en place durant la durée du déchargement. Les marins-pompiers veilleront aux mesures de sécurité.
Dès l'opération terminée, le
Stolt Teal partira pour une destination encore inconnue. Une fois allégé de sa cargaison, le
YM Uranus pourra quant à lui prendre le chemin d'un chantier de réparation navale.